Découvrir le métier de Maître assembleur

Les métiers liés à l’élaboration et à la commercialisation du cognac Jules Gautret se démarquent par leur diversité grâce au soutien du groupe coopératif charentais, ainsi qu’à de nombreux partenaires dans la région.

Chaque métier est un maillon indispensable à la production du Cognac et bénéficie d’une extrême richesse en matière de savoir-faire et de techniques.

Nous vous invitons à venir à la rencontre de Pierrick, maître assembleur dans notre distillerie de Mosnac. Il a gracieusement accepté de répondre à nos questions, afin de vous en apprendre plus sur son métier.


Le terme maître assembleur fait rêver ! C’est donc vous le détenteur des secrets des pineaux et cognacs Jules Gautret ?

C’est vrai, je réalise tous les produits de la gamme Jules Gautret. Même si l’intitulé exact de mon poste est “Responsable élaboration des Pineau et Cognac”. Ça paraît peut-être moins jovial, pourtant les missions sont les mêmes.

Justement, parlons un peu de vos missions. Au quotidien, quel est le rôle du responsable élaboration des pineaux et cognacs ?

C’est un métier avec des tâches très diversifiées. En réalité, mon métier est rythmé par les saisons. À la période des vendanges, je réalise le suivi et les programmations des apports de nos adhérents en moûts et en vins de distillation jusqu’à la distillerie. C’est une étape qui nécessite un bon relationnel avec les adhérents apporteurs, mais qui demande également beaucoup de rigueur.


Comment se fait-il que vous receviez du moût de raisin directement à la distillerie ? N’est-ce pas réservé aux caves qui produisent les vins de distillation ?


Pour qu’un pineau des Charentes puisse avoir cette appellation, il est nécessaire que l’assemblage entre l’eau-de-vie et le moût de raisin se fasse sur la propriété. C’est pour cette raison, qu’à la période des vendanges, il nous arrive d’avoir à la fois du moût, du pineau et du cognac en même temps sur le site de la distillerie.


Une fois les vendanges terminées, que faîtes-vous ensuite ?


Après cette période, je dois gérer les phases de production et d’assemblage des pineaux et des cognacs, jusqu’à ce qu’ils soient prêts à être expédiés pour être mis en bouteille. Dans un même temps, je dois réaliser un suivi et une gestion des stocks d’eaux-de-vie de cognac ainsi que des pineaux sur l’ensemble des sites de stockage et de vieillissement du groupe. Bien sûr à côté de ça, j’ai également des documents administratifs liés aux douanes, aux transports et à la sécurité à rédiger, tout en étant toujours disponible pour de la veille ou en cas d’événements majeurs sur le site de la distillerie.


C’est un métier avec beaucoup de responsabilités. Avez-vous toujours souhaité devenir maître assembleur ?


Disons que j’ai toujours été attiré par le monde du cognac et sa production. Au début, je m’imaginais plutôt travailler la vigne, puisque ma famille possède une exploitation familiale. Mais plus j’apprenais du produit, plus je trouvais du sens à travailler le produit fini, ce qui demande d’avoir une vue sur l’ensemble du cycle de production.


Quel a été votre parcours professionnel pour arriver jusqu’à votre poste ?


J’ai commencé par réaliser un Mastère spécialisé “Manager des domaines viticoles” à Bordeaux Sciences Agro. J’ai par la suite suivi une formation professionnelle de Gestion des stocks de spiritueux : technique de production, d’assemblages et création de gamme au Centre International des Spiritueux. C’est ce qui m’a permis d’intégrer la société en 2020.


D’année en année, la qualité et la palette aromatique des cognacs que vous mettez au point ne changent pas ou très peu. Comment faites-vous pour y parvenir ?


Il faut noter que les méthodes de distillation et de vieillissement sont elles aussi constantes depuis des années. Les gestes et les pratiques sont restés très traditionnels, par conséquent, cette constance se retranscrit directement dans la qualité du produit final. Que ce soit pour le pineau ou pour le cognac, c’est le jeu des assemblages qui permet cette constance ainsi que la qualité finale.


Pourquoi cette constance est-elle essentielle pour le cognac ?


C’est essentiel pour de nombreux points, mais les principaux concernent la stabilité de la qualité, afin que le client puisse se retrouver à travers nos produits, mais également pour que la politique commerciale soit adaptée à la qualité de ce que nous produisons.


Pouvez-vous nous dire quel est le secret d’un bon assemblage pour un cognac ou pour un pineau ?


Ce sont des secrets qui résident dans les expériences de Patrick et Alain ! Pour être un bon maître assembleur, il faut savoir apprendre de l’expérience de ceux qui font cela depuis longtemps déjà.


Je vois que je n’obtiendrai pas le secret tant recherché ! Pour autant, pouvez-vous nous parler des stockages des eaux-de-vie dont vous avez la responsabilité ?


Tous les chais de la distillerie sont des chais secs qui abritent principalement des tonneaux. L’un est dédié au stockage des cognacs prêts à être expédiés, un autre est utilisé pour réceptionner les eaux-de-vie nouvelles et les quatre autres permettent le vieillissement des comptes intermédiaires, comme les comptes 3, qui ne sont plus des VS, mais pas encore des VSOP. Nous avons également deux chais à barriques, dont une partie est renouvelée chaque année et un chai inox qui nous permet de réaliser toutes nos coupes et la préparation des lots à expédier.


Si vous pouviez nous donner l’une des étape la plus difficile de votre travail, qu’elle serait-elle ?

Le plus dur, je dirai que c’est l’anticipation de la production. Tout au long de l’année, c’est un peu notre fil rouge. Nous devons trouver l’équilibre entre la qualité du produit fini et la régularité de notre production. Pour cela, j’ai la chance d’être appuyé par Alain et Patrick, qui sont de vrais maîtres assembleurs du pineau et du cognac dans nos chais.

Enfin, pour terminer sur une note plus douce, pouvez-vous parler des aspects que vous préférez le plus dans votre métier ?

Je suis entouré d’une très bonne équipe, ce qui fait déjà beaucoup. Mais c’est également toujours un plaisir d’avoir des échanges techniques entre les différents collaborateurs et de déguster les produits finis. Cela a un côté très symbolique de pouvoir constater la qualité de tout ce que l’on a accompli pour en arriver jusque-là, d’autant plus lorsqu’on peut le faire à travers un bon cognac ou un bon pineau.

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